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[DOSSIER] l’importance des équipements adaptés partie 2

[DOSSIER] l’importance des équipements adaptés partie 2

Lire, réviser en autonomie à la maison

Le centre de soins et d’éducation spécialisés Alfred Peyrelongue a fait preuve de la même célérité durant le confinement pour les élèves déficients visuels qu’il accompagne.

Ils allaient être sans solution de compensation sur un temps long, se souvient le directeur du centre, Thomas Rey. Nous avons donc identifié les besoins et présenté un dossier au Fonds de dotation Lucie Care pour l’acquisition d’équipements.

Ordinateurs, plage-braille, blocnote, loupes, télé-agrandisseur et monoculaire ont très vite pu être distribués ainsi à 9 jeunes. Ce qui a permis, par exemple, d’équiper une jeune fille d’une plage-braille, alors qu’elle avait cassé la sienne et devait préparer les examens pour Sciences Po… L’initiative était indispensable, alors que ces outils coûtent très chers, que

les financements peuvent parfois prendre des années, de 1 an et demi à 2 ans, observe le directeur, que des jeunes étaient en attente de dotations et que la crise du Covid allaient renforcer les inégalités ! Là, on a pu aller beaucoup plus vite…

Un laboratoire qui « cherche » pour voir

Charlotte Laurent Es-Sabri se souvient aussi, durant le confinement, du désarroi de cette maman qui n’avait plus rien à proposer à lire à son ado de 15 ans à part d’anciens livres adaptés pour enfants. Ça a été le premier jeune équipé par une loupe. Attendue car jusque là « il n’était pas autonome pour lire, tout comme sa mère qui était en télé-travail. Tout le monde se retrouve contraint alors qu’il y a du matériel adapté ! » Matériel adapté dont les besoins avaient déjà été pointés bien avant par les acteurs du champ de la déficience visuelle parce qu’ils sont bénéfiques pour la scolarité.

Certains planchent déjà concrètement sur ces problématiques depuis des années. C’est le cas du laboratoire « Cherchons pour voir » créé par un chercheur en sciences cognitives, expert dans la conception de systèmes interactifs non visuels, Christophe Jouffrais, avec des partenaires tels que l’Institut des jeunes aveugles de Toulouse pour que les recherches s’appuient sur les besoins des élèves, premiers « testeurs » des dispositifs développés. Parmi ceux qui ont déjà vu le jour, « une couverture » à déposer sur un écran, y compris sur des tablettes, qui permet de rendre une carte de géographie par exemple tactile et interactive.

Le laboratoire a aussi conçu Tangible Box qui permet d’associer des documents en relief et des objets à la surface du dispositif, objets qui sont localisés et deviennent interactifs. On peut y ajouter des applications (jeu, exercice, etc.) et des fonctions avancées (calcul de distance, calcul d’angle, etc.).