Déficience visuelle et emploi : une conjugaison complexe

Déficience visuelle et emploi : une conjugaison complexe

En France, près de 50% des personnes déficientes visuelles sont au chômage, selon la Fédération des Aveugles de France (FAF).

La situation atuelle

L’activité professionnelle est l’un des facteurs primordiaux de l’intégration sociale. Une hausse du nombre de demandeurs d’emploi a été observée au niveau national ces dernières années, mais elle est deux fois plus importante chez les déficients visuels.

La loi du 11 février 2005 traite pourtant de l’égalité des droits et des chances notamment dans le domaine professionnel. Elle laissait dix ans pour mettre les dispositions nécessaires en place, mais le délai n’a pas été tenu. Les 6% d’emploi de personnes porteuses d’un handicap pour les entreprises de plus de 20 salariés sont loin d’être atteints.

Quels sont les efforts à poursuivre en vue d’une amélioration durable ?

Deux axes principaux sont donc à approfondir pour faire face à ces chiffres alarmants. D’une part, il faut assurer le maintien et l’insertion en emploi des déficients visuels. Une sensibilisation plus poussée des employeurs et l’adaptation des postes de travail sont des éléments clefs pour y parvenir. D’autre part, il faut, en amont, mieux préparer l’orientation scolaire et professionnelle des plus jeunes déficients visuels.

En 2016, pour le compte de la FAF, le laboratoire d’Economie de l’Université d’Orléans a mené une enquête sur l’orientation scolaire et professionnelle des jeunes déficients visuels. Elle dresse un glorieux portrait du mode d’apprentissage par alternance. Les élèves alternants, qu’ils soient valides ou non, acquièrent une expérience non négligeable dans leur domaine professionnel. L’alternance est d’autant plus précieuse pour les jeunes déficients visuels et ce pour plusieurs raisons. La première est d’abord le gain d’autonomie certain apporté par l’apprentissage de nouveaux trajets et la reconnaissance de locaux professionnels. Le jeune est capable de se déplacer tant dans le milieu scolaire que sur un lieu de travail, ce qui va le rendre plus confiant. De plus, l’expérience acquise rassure les futurs employeurs et les aide à réaliser que la déficience visuelle n’empêche en rien l’accomplissement d’un travail de qualité.

Alors comment arriver à une meilleure insertion de tous les déficients visuels sur le marché du travail ?  D’abord en formant les acteurs qui reçoivent et accompagnent les malvoyants tels que mission locale ou pôle emploi. Faciliter l’accès des sites internet dédiés à l’orientation est également une solution simple et efficace. Enfin, il s’agit également d’accompagner les entreprises et de réfléchir avec elles à l’adaptation possible des outils de travail. Il est nécessaire de leur faire comprendre que déficience visuelle n’est pas synonyme d’incapacité et que tous les outils ne sont pas à changer. Un malvoyant peut très bien utiliser les outils informatiques simplement en installant un logiciel loupe par exemple.

 

Le handicap est trop souvent appréhendé sous le prisme du manque. La déficience visuelle est perçue comme limitante, tant pour les employeurs que pour les malvoyants eux-mêmes. Ces derniers se ferment des portes par peur de l’échec. Pourtant, si la déficience visuelle peut orienter le parcours professionnel, elle ne le détermine aucunement.  Dans chaque branche d’activité, chacun a la possibilité de trouver un poste qui lui est adapté.

Pour plus d’informations, consultez l’ article complet de la FAF.